Qu’est ce qu’un compresseur ?

Dans cet article, je vais vous expliquer ce qu’est un compresseur et ses différentes fonctions 

La Plage Dynamique

Chaque enregistrement possède ce qu’on appelle une plage dynamique, soit la différence entre le son le plus fort et le son le plus faible. Par exemple si on enregistre une voix, le chanteur peut chuchoter dans le micro à certains moments et crier à d’autres moments. La différence de niveau sonore entre ces chuchotements et ces cris formera la plage dynamique de l’enregistrement. D’autre part, la plage dynamique d’un enregistrement est limitée par le support sur lequel on enregistre. Par exemple, un disque vinyle 33 tours possède une plage dynamique de 33 dB. C’est à dire que le son le plus fort ne peut être « que » 33 dB plus fort que le son le plus faible, si il est 34 dB plus fort, on dit qu’il écrête ou qu’il sature.

Un compresseur permet de réduire la dynamique du signal, il vas pour cela réduire les sons forts et augmenter les sons faibles. Il en résultera un son plus compact, plus homogène en terme de volume ; un son compressé.

En fait, c’est comme si vous aviez votre main sur le bouton volume, et qu’à chaque fois que le son devient trop fort, vous baissiez le volume, puis que vous le remontiez quand le son redevient trop faible. Un compresseur fait ça automatiquement.

Historiquement, les compresseurs n’étaient utilisés qu’au moment de coucher le mix sur la bande. En effet, avant l’apparition des ordinateurs et des stations audio numérique, on enregistrait sur bandes magnétiques (24 pistes), puis on mixait sur une console analogique avant d’enregistrer le mix final sur une autre bande magnétique (2 pistes). Cette bande master servait ensuite à la fabrication des disques (vinyles donc). Hors la bande magnétique avait une dynamique plus grande que celle des disques vinyles (environ 55 dB), il fallait donc réduire la plage dynamique des mixs afin qu’ils puissent « rentrer » sur les disques. On utilisait alors un compresseur ! 

Schéma d’une plage dynamique

Un peu de technique

Un compresseur possède plusieurs paramètres techniques qu’il est important de bien connaitre pour pouvoir s’en servir correctement.

  • Le threshold (ou seuil) : c’est le niveau sonore à partir duquel le compresseur entre en action, c’est dire à partir duquel il vas baisser le gain du signal.
  • Le ratio : une fois le threshold atteint, le compresseur vas baisser le niveau du signal par la valeur du ratio. Par exemple, avec un ratio de 2:1 (se dit 2 pour 1), un compresseur vas diviser par 2 le niveau du signal qui sera au dessus du threshold
  • L’attaque : c’est le temps que vas mettre le compresseur à entrer en action une fois que le signal aura atteint le threshold
  • Le release : c’est le temps que vas mettre le compresseur à arrêter de compresser lorsque le signal redescend en dessous du threshold
  • Le Gain (ou Make-up) : c’est un gain qui intervient après le traitement du compresseur, il permet de « récupérer » une éventuelle perte de niveau due à l’action du compresseur

Les utilisations possibles 

je vais maintenant vous donner quelques exemples d’utilisation d’un compresseur, évidemment cette liste n’est pas exhaustive.

Utilisation classique 

Prenons l’exemple d’une guitare acoustique enregistrée. Le musicien a joué de manière vivante, c’est à dire qu’à certains moments (refrain par exemple) il joue plus fort qu’à d’autres (pont). Pour pouvoir bien « placer cette guitare dans le mix », il vas donc falloir réduire sa dynamique (l’écart entre les moment joués fort et les moments joués faiblement).

On vas donc utiliser un compresseur avec une attaque plutôt rapide, afin que le compresseur rentre rapidement en action une fois le threshold atteint. Le release sera plutôt lent afin que le compresseur fonctionne de manière continue. Pour le ratio et le threshold, il est difficile d’indiquer un réglage car la compression se fait à l’oreille en fonction du goût du mixeur et des autres éléments placés dans le mix.

Avec cette compression, la guitare « rentrera » mieux dans le mix et sera plus facile à placer en terme de niveau sonore.

Le LA-2A possède de bonnes caractéristiques pour une compression « classique », même si son attaque est assez lente

Pour donner du punch

On peut utiliser un compresseur pour faire « puncher » des éléments percussifs comme une batterie. Le but ici est de compresser juste après l’attaque du son (la frappe). Pour cela on règle une l’attaque du compresseur plutôt lente (environ 15ms) et un release très rapide. Le threshold quant à lui peut être assez bas, en peu en dessous des crêtes (sons fort). On ajuste ensuite le gain pour remonter l’ensemble du signal, c’est lui qui vas donner cette sensation de punch. 

Le 1176 est un bon compresseur pour faire « puncher » des batteries

Pour « Gluer » le mix 

Une utilisation intéressante d’un compresseur consiste à le placer en insert sur le bus master afin de souder tout les éléments du mix entre eux. Pour cela, on choisit une attaque très lente, et un release très court. Ce réglage laisse passer les crêtes (sons les plus forts, en général les éléments de la batterie dans un mix) et permet de compresser seulement lorsque le mix devient plus fort dans son ensemble, pendant un long laps de temps. Il convient de choisir un ratio plutôt faible (2:1 ou 4:1) car on veut seulement appliquer une légère compression. on ajuste ensuite le threshold jusqu’à obtenir une compression homogène de 2 ou 3 dB sur l’ensemble du mix. Enfin, on récupère une éventuelle perte de niveau avec le gain.

Le compresseur SSL est célèbre pour son utilisation sur le bus master
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